Perdu en traduction : Surmonter les obstacles numériques pour les touristes étrangers en Corée du Sud
Imaginez-vous, perplexe, au cœur animé du quartier Myeongdong de Séoul, votre fidèle Google Maps vous laissant tomber. C’était la réalité pour Lance Shakosky, un touriste américain de 33 ans, le 9 septembre. Son expérience, malheureusement, n’est pas unique. Alors que la Corée du Sud accueille une vague de touristes étrangers – 7,7 millions au cours du premier semestre de cette année seulement, marquant une augmentation de 73,8 % par rapport à l’année dernière – beaucoup se retrouvent confrontés à des obstacles numériques inattendus.
Bien que le pays offre des expériences culturelles incroyables et des paysages à couper le souffle, naviguer dans la vie quotidienne à travers des applications et des services en ligne peut être étonnamment difficile pour ceux qui ne connaissent pas le paysage numérique local. Cette différence contribue potentiellement à la baisse du taux de revisite des touristes étrangers, passant de 58,3 % en 2019 à 56,1 % l’année dernière.
Le labyrinthe de Google Maps et l’essor des applications locales
L’un des principaux points faibles pour les visiteurs est la performance peu fiable de Google Maps en Corée du Sud. En raison d’une loi restreignant l’exportation des données cartographiques pour des raisons de sécurité, l’application conduit souvent les touristes sur de fausses pistes. « Il est instinctif de se fier à Google Maps pour les directions et les informations de localisation », explique Shakosky, soulignant un sentiment courant parmi les visiteurs internationaux.
La solution ? Maîtriser les applications de navigation nationales comme Naver Maps ou KakaoMap, une tâche plus facile à dire qu’à faire pour ceux qui ont des compétences limitées en langue coréenne. Cette dépendance aux applications locales s’étend au-delà de la navigation. Les services de covoiturage comme Uber sont pratiquement inexistants, remplacés par des alternatives nationales comme "UT" qui, selon l’étudiante en échange Julia Landa (22 ans), ont souvent moins d’options de taxi que Kakao T.

Vérification d’identité : un obstacle à des expériences fluides
Au-delà de la navigation dans des applications inconnues, le processus de « vérification d’identité » représente un obstacle important pour beaucoup. Une multitude de services, des applications de livraison de nourriture comme "Baedal Minjok" aux options de paiement pratiques comme Naver Pay et Kakao Pay, nécessitent un numéro de téléphone coréen et une vérification de carte de crédit. Cela pose un défi aux visiteurs de courte durée qui s’appuient sur des eSIM et des cartes de crédit étrangères. Landa, malgré sa réussite à s’inscrire sur "Baedal Minjok" avec son numéro de téléphone américain, s’est retrouvée limitée par les options limitées de cartes de crédit étrangères.
Leçons d’accessibilité numérique de la transformation du Japon
Il est intéressant de noter que le Japon voisin, autrefois considéré comme une société axée sur les espèces, a fait des progrès impressionnants en matière d’accessibilité numérique pour les étrangers. Apple Pay est désormais largement accepté dans les transports publics, les services de paiement mobile comme Line Pay sont omniprésents, et bien qu’UberX reste indisponible, l’application peut être utilisée pour héler des taxis. « Le Japon a subi une transformation significative, en particulier depuis les Jeux olympiques de Tokyo », observe M. Park, un résident du Japon, notant l’amélioration marquée des services destinés aux touristes étrangers.
Un appel au changement : combler le fossé pour un tourisme fluide
Reconnaissant le besoin croissant d’amélioration, les entreprises coréennes commencent à s’adapter. Baedal Minjok et Kakao T offrent désormais une prise en charge des paiements par carte étrangère. Kakao T a encore simplifié son processus d’inscription via son application "K-Ride", permettant aux utilisateurs de contourner le besoin d’un compte Kakao.
Le professeur Jeong Ran-soo du département du tourisme de l’université Hanyang souligne l’importance de renforcer l’infrastructure du tourisme numérique. Il plaide pour un soutien multilingue accru au sein des applications et une innovation réglementaire pour faciliter une plus grande accessibilité. Avec des plateformes internationales comme Booking.com qui dominent déjà le marché, le professeur Jeong soutient que favoriser un paysage numérique plus convivial pour les étrangers est crucial pour empêcher la fuite des capitaux nationaux et assurer la croissance à long terme du tourisme coréen.
Alors que la Corée du Sud continue d’enchanter le monde avec son mélange unique de tradition et de modernité, il est essentiel de s’attaquer à ces obstacles numériques. En créant une expérience numérique transparente et conviviale pour tous, le pays peut véritablement libérer tout le potentiel de son industrie touristique dynamique.
